Faut-il arrêter de manger de la viande pour sauver le climat ?

Les changements climatiques sont en marches, ils modifient, perturbent l’équilibre que nous avions trouvé sur notre planète et menacent l’espèce humaine. Régulièrement, les médias mettent en avant des possibles solutions pour diminuer notre impact environnemental. Aujourd’hui abordons le sujet de la viande. Peut-on être éco-responsable et manger encore de la viande ? Ou faut-il arrêter de manger de la viande pour sauver le climat ?

A cette question, la réponse que l’on entend courament est de réduire ou même d’exclure la viande de son alimentation. Et cela repose sur l’idée qu’une partie des récoltes de nos champs sont utilisées pour nourrir des animaux d’élevage. Dans ce cas, l’effort fournit (en CO2 et autres gaz à effet de serre, en eau et en espace) pour produire de la viande semble être plus élevé que celui fournit pour produire des céréales ou légumineuses. Seulement, ce n’est pas toujours vrai ! En effet, cela dépend du type d’élevage. Un élevage intensif de bétail nourrit au maïs, n’a pas le même impact que du bétail nourrit à l’herbe en patûrage. Il faut également noté que les élevages ont aussi un rôle dans le recyclage de denrées qui ne seraient pas consommées par les humains : herbe, son, drèches, tourteaux, déchets alimentaires… et dans l’entretien de la biodiversité des sols. Finalement, les impacts sont à nuancer, nous préconiserons surtout de favoriser des sources d’approvisionnement respectueuses de l’environnement, pour cela se référrer aux labels environnementaux (bio par exemple) et/ou de qualité (label rouge par exemple).

Est ce que nous consommons trop de protéines par rapport à nos besoins ?

Les besoins en protéines varient au cours de la vie et en fonction de l’âge, du poids, de la taille et du niveau d’activité physique. Vous pouvez consulter une diététicienne afin d’évaluer votre propre besoin en protéine. D’après les résultats de l’étude INCA 1 traité par l’afssa en 2007, seul 4% environ de la population adulte a une consommation supérieure à ses besoins. C’est surtout entre 3 et 14 ans que la consommation de protéines est élevée voire très élevée. En réalité, agir pour l’environnement c’est adapter notre consommation de protéines à nos besoins surtout pour les enfants.

D’où proviennent les protéines que nous mangeons ?

70% des protéines consommées en France sont d’origine animale (CIV, 2016). Face aux enjeux de l’augmentation de la population mondial, pour pouvoir nourrir tout le monde, notre consommation de protéine devrait être à 50% d’origine animal selon les recommandations internationales.

Regardons comment cela peut se traduire concrètement sur une journée de repas pour un homme adulte moyen entre 30 et 50 ans, avec un besoin énergétique journalier de 2 500 kcal. Dans ce cas, le besoin maximum en protéine est d’environ 94g/jour.

 Menu 1Menu 2
petit déjeunercafé
2 tartines de pain (60g) avec beurre et confiture
café
2 tartines de pain complet (60g) avec confiture
Noix (25g)
déjeunerEntrecôte (150g)
frites (200g)
1 yaourt
1 fruit
Entrecôte (150g)
frites (200g)
1 yaourt
1 fruit
dinerCôte de porc (150g)
Pâtes (200g)
Camembert (30g)
Pain (60g)
1 fruit
Salade de lentilles vertes (60g)
Spaghettis complètes (330g)
à la sauce tomate
et aux graines de lin (10g)
Gruyère (20g)
pain complet (60g)
1 fruit
Total en g de protéine11394
% origine animal79%52%
Source : table ciqual, anses, 2019

 

Le Menu 1 apporte des protéines au delà des besoins et en grande partie d’origine animale. Le Menu 2 est en adéquation avec les besoins et les apports en protéines végétales sont renforcés.

Réduire la part animal pousse à varier la composition de son alimentation, ce qui est plutôt bénéfique pour la santé concernant les apports en vitamines et minéraux. En revanche, cela implique (du moins dans ce cas) une augmentation des quantités d’aliments ingérés. Donc concernant l’impact environnemental d’un régime flexitarien (Menu 2) vs un régime classique (Menu 1), il ne se mesure pas à quantité égale mais à quantité de protéines égale.

Quel est l’impact environnemental de la production d’1g de protéine de blé vs 1g de protéine de ruminant ?

L’ademe indique que pour produire 1kg de viande sont émis 5 à 10 fois plus de gaz à effet de serre que pour la production de 1kg de céréales. La viande contient 18% de protéines et les céréales en contiennent 7%. Pour produire l’équivalent en protéine de 1kg de viande, il faut produire 2,57kg de céréales. Le bilan en gaz à effet de serre reste en faveur des céréales, à nuancer selon les modes de production.

A retenir : Comment consommer responsable ?

  • Favoriser les aliments dont le mode de production est respectueux de l’environnement aussi bien pour les aliments d’origine végétale que pour les aliments d’origine animale
  • Manger des protéines en adéquation avec vos besoins
  • Varier les sources de protéines et augmenter la part végétale jusqu’à 50%

Nous vous souhaitons un bon appétit !

Et pour aller plus loin sur le sujet, nous vous proposerons prochainement un E-book Assiette & Environnement.

E.D.

Sources :

 

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